Imaginez un récit en utilisant les groupes fonctionnels qui suivent : Un garçon joufflu et joyeux, aimer la vie, être prodigue, courir le danger, risquer la vie sans hésiter, manquer de vertu, un jour avant le Noël, remuer ciel et terre, dures semaines silencieuses, se montrer ingrat, se débattre, faire démarches sur démarches, faire passer des lettres, faire payer les colis, se laisser persuader, se laisser aller à désespérer.

[…]je ferme les yeux et je plonge dans un univers innocent dont les images sont seules à présent qui  me caressent le cœur. Elles sont plus que fastes au moment où l’ardeur de l’âme éclaterait à cause d’un monde tout à fait cruel, un monde parfois avenant et souvent dur qu’on appelle Réalité.

Il y a des souvenirs qui me traversent fugitivement la tête : étant un garçon joufflu et joyeux, je faisais tant de plaisanteries dans les temps de mon enfance. Tantôt prodigue, tantôt  affreusement égoïste j’impressionnais tout le monde avec ma façon d’aimer la vie— la majorité de mes connaissances me croyait même fou au moment où je me lançais dans les aventures quotidiennes, c’est que je courais les dangers sans  penser aux conséquences. A ce propos, personne ne comprenait pas mes gestes, j’apparaissais aux yeux des autres comme quelqu’un qui manque de vertu, car ce sont les vertus qui dont du sens à la vie et qui mène l’homme vers une façon de vivre beaucoup plus raisonnable. Moi, je voyais les dangers comme des couleurs vives qui emballent  une toile, non pas par leur décor organisé, symétrique, au contraire, par la manière de tomber sur cette toile au hasard ; voire que des fois elles se fusionnent et donnent naissance à d’autres couleurs, des nuances inédites… . Voilà de quelle modalité surgissent les idées dans la tête d’un homme qui  risque la vie sans hésiter.

Après, ses souvenirs d’enfant ingrat ne me reviennent plus ; mais, il y a des souvenirs qui me suivent toujours et partout comme des geôliers qui vérifient et surveillent mon pas, mon action, ma pensée. Seraient-ils les fruits de la réminiscence du passé ? —Bien que doute !

J’ai eu des prodigieux grands-parents. C’était eux qui m’ont formé comme personnalité en m’offrant leurs Ailes Protectrices là où j’en avais besoin. Ils ne sont plus parmi  nous, malheureusement ils sont passés dans l’autre monde, en emportant avec eux tout ce que j’avais de prix—la chaleur du foyer paternel. En revanche, ils m’ont laissé les beaux souvenirs qui me suivent toujours et partout, ainsi que la force indispensable pour affronter tous les monts qu’on rencontre dans la vie, se débattre…je n’ai rien que cela ; même la fabuleuse maison où ils ont vécu ne fait plus parti de mes biens. Dusse-t-elle  être un petit logis aux balcons déjà démolis à cause de la pluie et de la rouille, aux volets surannés, sur lesquels on pouvait encore apercevoir les empreintes de la guerre, je me rappelle de lui comme d’un Château.

Ma belle maison ! Je l’ai visitée il y a sept ans. Elle était aussi belle qu’abattue, le seuil plein de fissures, les fenêtres scellées comme s’il n’y avait personne qui soit en droit d’y entrer. Malgré les grilles barrant les vitres, j’entrevoyais à peine le fichu de ma grand-mère, dont la représentation m’est restée toujours dans la mémoire. Elle était constamment là, auprès de la fenêtre, les yeux séchés par la nostalgie et puis humectés par les larmes versées pour moi. Elle sentait mon absence jusqu’à la moelle des os et moi, je le savais…je savais également qu’elle se laissait persuadée par l’idée qu’un jour, avant le Noël, j’ouvrirais la porte. Après que leur attente se montrait comme illusoire, ils me faisaient passer des colis remplis de friandises ou encore de grosses chaussettes tricotées, quant à moi, je leur faisais passer des lettres de reconnaissance. ….Ils savaient que j’étais en vie (le reste ne comptait plus) et ne se laissaient jamais aller à désespérer. Voyez-vous, j’étais suffisamment motivé à ce temps-là afin d’aller en justice et lutter pour mon Trésor, par suite, j’ai fait démarche sur démarche et finalement, après dures semaines silencieuses, j’ai devenu le titulaire de la propriété.

Lorsque je suis entré à l’intérieur, une tranquillité criarde s’est emparée de moi, comme si j’avais complétement troublé un monde déshumanisé dont le règne appartient aux toiles d’araignées et surtout  aux mystérieux esprits des choses intactes, inanimées, qui ne font que t’insuffler une appréhension sans cause et sans raison. Je ne sentais aucune sorte d’énergie autour de moi, tout a été englouti par le gros tapis de poussière, garnis d’étranges mouchetures. Je n’ai pas osé d’enlever les couvertures quasi blanches en dessus des quelles se trouvait le vieux meuble. Peut- être était-il autrement arrangé que jadis ou tel que je l’avais connu naguère, mais il ne fallait pas le fouiller pour trouver ce que cherchais. Le trésor était là, sur une étagère poussiéreuse elle aussi, à la vue de tous pareil à une décoration qui n’effectue  plus sa fonction d’embellissement. J’ai ouvert avec tendresse le coffret …quinze poupée en porcelaine qui englobaient tout l’univers enfantin que j’avais passé dans cette maison de conte près de mes adorables grands-parents.

Aujourd’hui, l’Epiphanie est la plus aimée des fêtes.

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